TF1
lancera le mois prochain une troisième saison de ‘Secret Story’. A mon sens, la dernière édition a été trop négligée par les commentateurs et autres
spécialistes des médias, et elle n’a pas reçu les honneurs qu’elle méritait. En
effet, là où tout le monde s’attendait à une version réchauffée du ‘Loft’ (ou
de ses successeurs fameux ‘Nice People’ et ‘Les Colocataires’), on a eu droit à
la forme la plus aboutie de toute l’histoire de la télé-réalité d’enfermement.
Casting
Ce n’est
un secret pour personne, le casting est LA clé de voûte d’une émission de
télé-réalité. L’été dernier, de ce côté-là, le moins que l’on puisse dire est
qu’on a été servi… Avec, entre autres : un prêtre évangéliste, une cagole aux
(énormes) seins (mal) refaits, une voyante extralucide manipulatrice et
stratège, un mannequin serial fuckeur, une princesse capricieuse et perchée, un
couple de lesbiennes folles (mais alors complètement folles !), un beau
gosse champion de break dance dont le dos est tatoué d’un message crypté, une
croque-mort blonde peroxydée trop golée pour que ce soit vrai, et le reste
était à l’avenant. Dès le soir de lancement, la Une ann
Jeu
d’acteurs
Neuf ans après
le lancement du Loft, les candidats (18 à 24 ans en moyenne) ont assimilé la
mécanique et les règles de la télé-réalité. Désormais, ils gèrent leur image, et
se comportent souvent comme des comédiens qui incarneraient leur propre
personnage. On est loin de la réalité, la plupart des débordements sont
calculés. Le manège est d’autant plus gros que le concept du jeu (garder son
secret le plus longtemps possible) suscite le mensonge et la duperie. Ainsi,
lors de la première saison, la sauce ne prenait pas, tout sonnait faux, et le
public en venait à haïr profondément le couple de menteurs calculateurs Tatiana et Xavier, et à
trouver assez pitoyables les tentatives de stratégies élaborées par la gendarmette
strip-teaseuse (qui a récemment joué dans un porno Marc Dorcel, d’ailleurs). Mais
lors de cette deuxième saison, ce fut tout l’inverse : tout semblait juste
et vrai - mis à part quelques poitrines volumineuses - et parfois on en venait
à croire que c’était ça, la réalité.
Scénarisation
à outrance et production machiavélique
Et parce que la réalité est bien morne, la production a introduit le concept de la Voix, qui anime les journées des candidats, leur lance des défis, et scénarise à outrance tout le déroulement du jeu. La production s’immisce dans le programme comme le scénariste d'une série télé, quitte à agir de manière machiavélique, en n’hésitant pas à briser des couples (l’amour des lesbiennes belges en a fait les frais) ou à susciter des passions. Une fois de plus, la Une a usé les vieilles ficelles du cul et du sulfureux, en insistant régulièrement sur l’ambiguïté entre les sexes et sur les parties fines qui avaient lieu la nuit à l’abri des caméras.
Les ingrédients de
la recette étaient simples (du silicone, des bimbos blondes, de la violence,
beaucoup de sexe, du sport et du muscle, de la manipulation, quelques rudiments
de stratégie). Restait à trouver les bons dosages, et la saison dernière tout
était parfait. Espérons que nous ne serons pas déçus cette année…